LAMO - Programmes de recherche
Programmes de recherche en cours
URBAPHONE
2025-2027 - Frédéric Alchabi
Villes et sons : les paysages sonores comme marqueurs identitaires de la société urbaine (Europe, Moyen Âge – XXIe siècle)
SERELIT
2025-2027 - Mathilde Labbé
Le catalogue Seghers ou la réinvention de l’édition littéraire (1944-2009)
TRANSLATWAR
2022-2027 - Christine Lombez
Apport de la traduction à la compréhension de l’Histoire européenne - Seconde Guerre mondiale
GENDER CLUSTER
2022-2027 - Nathalie Grande
Des études de genre en sciences humaines et sociales aux problématiques émergentes en santé et dans le numérique
Programmes de recherche précédents
AAP Pays de la Loire - MSH Ange Guépin, 2022-2023, Élisabeth Gaucher-Rémond
Financé par la MSH Ange-Guépin dans le cadre de l’AAP “Maturation 2022”, le projet Mémoire de soi, mémoire d’une ville, vise à explorer, avec Anne de Bretagne et Louise de Savoie, les stratégies de communication de deux femmes de pouvoir à la fin du Moyen Âge, soucieuses de construire leur renommée et de l’inscrire dans leurs lieux de résidence. Ce diptyque, inédit, permettra de contextualiser les œuvres dans la querelle des femmes et l’essor des cours urbaines. La problématique liée à la matérialité spatiale de l’individuation et la pluridisciplinarité (littérature, histoire de l’art, humanités numériques) fédéreront savoirs disciplinaires et métiers du patrimoine pour éclairer la synergie des moyens dévolus à la culture princière et proposer une valorisation des œuvres par le biais de la réalité augmentée. Le projet s’offre comme une étape préliminaire à l’analyse des interactions entre individu et environnement urbain, dans les lettres et les arts de l’Europe médiévale et renaissante.
2020-2022, Julie Aucagne, Mathilde Bataillé, Emmanuelle Bousquet, Mathilde Labbé, Isabelle Ligier-Degauque, Agnès Marcetteau, Cécile Meynard, Régis Tettamanzi, Judith Wulf
Le Musée Jules Verne a acquis en 2014 le manuscrit de « L’Étoile du Sud. Aventures au pays des diamants » de Philippe Daryl (pseudonyme de Paschal Grousset), dont l’éditeur Pierre-Jules Hetzel acheta la propriété pour le publier après remaniements sous le nom de Jules Verne en 1884. Manuscrit originel du 25e Voyage extraordinaire, il constitue un apport génétique de première importance à la connaissance de l’œuvre de Jules Verne et des modalités de sa composition, et ouvre en outre un large champ d’exploration pour l’étude du XIXe siècle, qu’il s’agisse du contexte intellectuel ou des questions auctoriales et éditoriales. On dispose en outre d’intéressantes sources complémentaires avec les archives des éditions Hetzel conservées à la Bibliothèque nationale de France : correspondance avec les auteurs, contrats, documents commerciaux, manuscrits... Le projet « Editer L’Etoile du Sud » a pour objectif de parvenir à une édition comparée des différentes versions du texte, en commençant par la transcription du manuscrit de Paschal Grousset avec ses variantes et en fournissant parallèlement l’édition numérique de la version finale de Jules Verne qui fait encore défaut. Le Musée Jules Verne s’associe à deux unités de recherche ligériennes (LAMO, CIRPALL) et à la MSH Ange-Guépin pour transcrire, baliser et éditer ces textes réunis, dans le cadre d’un projet associant recherche et formation universitaire et qui touche plusieurs domaines scientifiques, de la génétique aux humanités numériques. La plateforme de transcription dédiée au projet sera ouverte au public à l’issue de premières expérimentations, probablement au début de l’année 2021.
Le Musée Jules Verne a acquis en 2014 le manuscrit de « L’Étoile du Sud. Aventures au pays des diamants » de Philippe Daryl (pseudonyme de Paschal Grousset), dont l’éditeur Pierre-Jules Hetzel acheta la propriété pour le publier après remaniements sous le nom de Jules Verne en 1884. Manuscrit originel du 25e Voyage extraordinaire, il constitue un apport génétique de première importance à la connaissance de l’œuvre de Jules Verne et des modalités de sa composition, et ouvre en outre un large champ d’exploration pour l’étude du XIXe siècle, qu’il s’agisse du contexte intellectuel ou des questions auctoriales et éditoriales. On dispose en outre d’intéressantes sources complémentaires avec les archives des éditions Hetzel conservées à la Bibliothèque nationale de France : correspondance avec les auteurs, contrats, documents commerciaux, manuscrits... Le projet « Editer L’Etoile du Sud » a pour objectif de parvenir à une édition comparée des différentes versions du texte, en commençant par la transcription du manuscrit de Paschal Grousset avec ses variantes et en fournissant parallèlement l’édition numérique de la version finale de Jules Verne qui fait encore défaut. Le Musée Jules Verne s’associe à deux unités de recherche ligériennes (LAMO, CIRPALL) et à la MSH Ange-Guépin pour transcrire, baliser et éditer ces textes réunis, dans le cadre d’un projet associant recherche et formation universitaire et qui touche plusieurs domaines scientifiques, de la génétique aux humanités numériques. La plateforme de transcription dédiée au projet sera ouverte au public à l’issue de premières expérimentations, probablement au début de l’année 2021.
Programme de recherche RFI, 2018-2020, Mathilde Labbé
Bien que les études en communication et marketing territorial aient créé, depuis une trentaine d’années, des liens entre géographie culturelle et analyses urbanistiques, il manque aujourd’hui une plateforme permettant de centraliser les contenus du tourisme littéraire en France. Le programme LITEP (La littérature dans l’espace public) a pour fonction de rassembler les traces de liens territoire/écrivain-e dans l’espace public, et de favoriser l’étude en séries de ces monuments, grandioses ou modestes, consacrés aux oeuvres littéraires et à leurs auteur-trice-s.
Monuments et histoire littéraire
La présence des auteurs et autrices dans l’espace urbain, bien que plus ancienne, s’est accrue sous l’effet du projet politique et pédagogique de la IIIe République. Les monuments littéraires se sont alors rapidement banalisés comme des éléments décoratifs, dont le rôle politique et culturel est devenu d’autant moins lisible qu’ils se fondent dans un paysage urbain aujourd’hui saturé. Programme interdisciplinaire, LITEP fédère des spécialistes issus des études de réception littéraire, de la géographie urbaine et des techniques de visualisation collaborant à la création d’une base de données des monuments littéraires pour répondre à une question commune : comment l’espace public informe-t-il la mémoire collective de la littérature ?
Il s’agit d’abord de comprendre comment s’organisent les réseaux formels ou informels qui assurent la promotion de ce patrimoine littéraire exposé dans la ville et d’identifier les fonctions matérielles et symboliques de la célébration de ces auteurs. On analysera ensuite la manière dont s’est opéré cet ancrage territorial des écrivains et dont la littérature fait société dans ces lieux. On s’intéressera également à la façon dont l’installation de ces monuments contribue à la reconfiguration du canon littéraire.
Objet de la base de données
La base de données Monuments littéraires réunit des objets architecturaux ou matériels du paysage urbain sélectionnés pour leur lien avec des auteurs ou des oeuvres littéraires. Il s’agit en effet d’analyser un ensemble d’objets définis par l’association élément matériel/élément littéraire (musées, statues et plaques commémoratives, toponymes et promenades littéraires...). Elle répond à trois objectifs complémentaires :
Bien que les études en communication et marketing territorial aient créé, depuis une trentaine d’années, des liens entre géographie culturelle et analyses urbanistiques, il manque aujourd’hui une plateforme permettant de centraliser les contenus du tourisme littéraire en France. Le programme LITEP (La littérature dans l’espace public) a pour fonction de rassembler les traces de liens territoire/écrivain-e dans l’espace public, et de favoriser l’étude en séries de ces monuments, grandioses ou modestes, consacrés aux oeuvres littéraires et à leurs auteur-trice-s.
Monuments et histoire littéraire
La présence des auteurs et autrices dans l’espace urbain, bien que plus ancienne, s’est accrue sous l’effet du projet politique et pédagogique de la IIIe République. Les monuments littéraires se sont alors rapidement banalisés comme des éléments décoratifs, dont le rôle politique et culturel est devenu d’autant moins lisible qu’ils se fondent dans un paysage urbain aujourd’hui saturé. Programme interdisciplinaire, LITEP fédère des spécialistes issus des études de réception littéraire, de la géographie urbaine et des techniques de visualisation collaborant à la création d’une base de données des monuments littéraires pour répondre à une question commune : comment l’espace public informe-t-il la mémoire collective de la littérature ?
Il s’agit d’abord de comprendre comment s’organisent les réseaux formels ou informels qui assurent la promotion de ce patrimoine littéraire exposé dans la ville et d’identifier les fonctions matérielles et symboliques de la célébration de ces auteurs. On analysera ensuite la manière dont s’est opéré cet ancrage territorial des écrivains et dont la littérature fait société dans ces lieux. On s’intéressera également à la façon dont l’installation de ces monuments contribue à la reconfiguration du canon littéraire.
Objet de la base de données
La base de données Monuments littéraires réunit des objets architecturaux ou matériels du paysage urbain sélectionnés pour leur lien avec des auteurs ou des oeuvres littéraires. Il s’agit en effet d’analyser un ensemble d’objets définis par l’association élément matériel/élément littéraire (musées, statues et plaques commémoratives, toponymes et promenades littéraires...). Elle répond à trois objectifs complémentaires :
- Archivage : il s’agit d’abord d’archiver dans un format interopérable des données concernant les monuments littéraires du territoire français. Ces données, de natures variées, sont parfois référencées sur des bases, dont aucune n’a pour vocation d’étudier la présence de la littérature dans l’espace public. La base Monuments littéraires, sans se substituer à ces outils, vise à rassembler ces données spécifiques en renvoyant aux autres répertoires et en les enrichissant en retour.
- Visualisation des données du patrimoine : les données récoltées dans le cadre de la base Monuments littéraires permettront de vérifier ou de faire naître des hypothèses de recherche en SHS. Un outil de visualisation spécialement conçu dans cet but sera ainsi adossé à la base.
- Communication : les données seront à terme éditées pour être livrées au public et en permettre un usage touristique.
AAP Interdisciplinaires, 2016-2017, Emmanuelle Bousquet
Notre objectif est d’associer pour la première fois l’utilisation des nouvelles technologies du numérique (plus précisément l’édition électronique de sources et ce qu’on appelle les Digital humanities) à l’analyse génétique et à l’édition des différentes sources et écritures employées dans le processus créatif d’un opéra. Cette combinaison permettra de développer différents schémas d’analyse et de renouveler l’étude des œuvres opératiques grâce à l’apport des outils numériques. Notre démarche scientifique à la fois théorique et technique est de renforcer la pluridisciplinarité et la transversalité des approches et de parfaire nos principes d’analyse pour le domaine artistique, et en particulier pour l’art lyrique.
Afin d’approcher au plus près l’origine d’une oeuvre, la pensée qui la fonde et le processus créatif qui la fait naître, il nous faut considérer sa genèse dans toute sa complexité. Le texte, entendu comme ensemble fermé – dans notre cas partition et livret – s’enrichit de l’ensemble ouvert du processus d’écriture. Ici la plurivocalité est essentielle à la création lyrique. Analyser l’oeuvre d’un créateur d’opéra, c’est prendre en compte l’ensemble des voix qui ont permis sa création. C’est encore prendre en compte l’élaboration de la partition et du livret, des matériaux littéraires, visuels, cinétiques avant représentation et des possibles réécritures résultant d’expériences de scène qui viennent augmenter le dossier génétique de l’oeuvre.
Si la pluralité est élément fondateur de la création opéristique, elle n’est en rien figée ; preuve en est, son évolution importante dans l’histoire de l’opéra, en particulier dans la crise qui a frappé cet art au début du XXe siècle. Parfois le compositeur devient auteur, les rapports entre compositeur et éditeur se modifient, le rôle du scénographe se fait plus prégnant. Si l’on considère les écritures (livret, musique, mise en scène), ces dernières peuvent disparaître ou fusionner selon différents modèles qui n’ont plus rien à voir avec les règles de la représentation qui avaient court avant la Seconde Guerre mondiale. Face à cette crise, l’organisation duelle de l’ossature génétique mêlant création et réception propose un modèle d’analyse dynamique encore à développer.
L’apport du numérique dans la théorie génétique provoque toutefois des changements quantitatifs et qualitatifs dans l’analyse des processus créatifs. Notre intention est de développer, à partir d’un travail de structuration et d’élaboration du dossier génétique d’oeuvre lyrique prêt à être présenté au théâtre, une méthodologie originale d’édition génétique électronique des sources de l’oeuvre, qui puisse servir à la compréhension de tout processus de création dans ce domaine. Cette démarche produira des concepts, des méthodes et des techniques propres qui permettront de repenser l’ensemble du patrimoine que représentent, pour un opéra, tous les documents conservés dans les collections et archives des théâtres (manuscrits, tapuscrits, livrets, partitions, éditions, traductions, carnets, correspondances, dossiers de mise en scène, photos de scène, comptes, maquettes, enregistrements, vidéos, films, etc.).
Cette recherche s’appuiera sur l’analyse des archives des théâtres Graslin et de la Renaissance (aujourd’hui détruit) conservées aux archives municipales de Nantes. Cette ambition scientifique, au travers ces exemples, demande au préalable un conséquent travail d’analyse : analyser les documents autographes ou imprimés pour comprendre les mécanismes de la production, élucider la démarche des auteurs et les procédures qui ont permis l’émergence de l’oeuvre, mesurer les allers/retours entre les écritures (livret, musique, scénographie), écouter et lire en même temps, préciser les évolutions individuelles et collectives au sein du processus créatif.
Notre objectif est d’associer pour la première fois l’utilisation des nouvelles technologies du numérique (plus précisément l’édition électronique de sources et ce qu’on appelle les Digital humanities) à l’analyse génétique et à l’édition des différentes sources et écritures employées dans le processus créatif d’un opéra. Cette combinaison permettra de développer différents schémas d’analyse et de renouveler l’étude des œuvres opératiques grâce à l’apport des outils numériques. Notre démarche scientifique à la fois théorique et technique est de renforcer la pluridisciplinarité et la transversalité des approches et de parfaire nos principes d’analyse pour le domaine artistique, et en particulier pour l’art lyrique.
Afin d’approcher au plus près l’origine d’une oeuvre, la pensée qui la fonde et le processus créatif qui la fait naître, il nous faut considérer sa genèse dans toute sa complexité. Le texte, entendu comme ensemble fermé – dans notre cas partition et livret – s’enrichit de l’ensemble ouvert du processus d’écriture. Ici la plurivocalité est essentielle à la création lyrique. Analyser l’oeuvre d’un créateur d’opéra, c’est prendre en compte l’ensemble des voix qui ont permis sa création. C’est encore prendre en compte l’élaboration de la partition et du livret, des matériaux littéraires, visuels, cinétiques avant représentation et des possibles réécritures résultant d’expériences de scène qui viennent augmenter le dossier génétique de l’oeuvre.
Si la pluralité est élément fondateur de la création opéristique, elle n’est en rien figée ; preuve en est, son évolution importante dans l’histoire de l’opéra, en particulier dans la crise qui a frappé cet art au début du XXe siècle. Parfois le compositeur devient auteur, les rapports entre compositeur et éditeur se modifient, le rôle du scénographe se fait plus prégnant. Si l’on considère les écritures (livret, musique, mise en scène), ces dernières peuvent disparaître ou fusionner selon différents modèles qui n’ont plus rien à voir avec les règles de la représentation qui avaient court avant la Seconde Guerre mondiale. Face à cette crise, l’organisation duelle de l’ossature génétique mêlant création et réception propose un modèle d’analyse dynamique encore à développer.
L’apport du numérique dans la théorie génétique provoque toutefois des changements quantitatifs et qualitatifs dans l’analyse des processus créatifs. Notre intention est de développer, à partir d’un travail de structuration et d’élaboration du dossier génétique d’oeuvre lyrique prêt à être présenté au théâtre, une méthodologie originale d’édition génétique électronique des sources de l’oeuvre, qui puisse servir à la compréhension de tout processus de création dans ce domaine. Cette démarche produira des concepts, des méthodes et des techniques propres qui permettront de repenser l’ensemble du patrimoine que représentent, pour un opéra, tous les documents conservés dans les collections et archives des théâtres (manuscrits, tapuscrits, livrets, partitions, éditions, traductions, carnets, correspondances, dossiers de mise en scène, photos de scène, comptes, maquettes, enregistrements, vidéos, films, etc.).
Cette recherche s’appuiera sur l’analyse des archives des théâtres Graslin et de la Renaissance (aujourd’hui détruit) conservées aux archives municipales de Nantes. Cette ambition scientifique, au travers ces exemples, demande au préalable un conséquent travail d’analyse : analyser les documents autographes ou imprimés pour comprendre les mécanismes de la production, élucider la démarche des auteurs et les procédures qui ont permis l’émergence de l’oeuvre, mesurer les allers/retours entre les écritures (livret, musique, scénographie), écouter et lire en même temps, préciser les évolutions individuelles et collectives au sein du processus créatif.
AAP Interdisciplinaires, 2016-2017, Eugenio Amato
Les règnes des empereurs Zénon, Anastase Ier Dicoros, Justin Ier et Justinien Ier (474-565 ap. J.-C.) voient l’émergence, en Orient, d’une copieuse production historique de langue grecque sous forme d’histoires universelles, chronographies ou monographies. Bien que de nombreux études offrent un cadre assez précis de cette littérature, surtout pout ce qui est de ses représentants majeurs (Zosime, Procope de Césarée ou Agathias le Scholastique), il nous est possible de constater qu’une lacune cruciale demande encore à être comblée : à l’exception de Malchos de Philadelphie, Christodore de Coptos et Jean Malalas, qui ont pu bénéficier d’éditions méticuleuses dans les dernières années, nous ne disposons, à présent, de travaux similaires pour maintes historiens « mineurs », témoins eux aussi de la parabole des empereurs mentionnés et accessibles, à nos jours, uniquement sous forme fragmentaire, leurs ouvrages étant perdus. En dépit de cette disparition, d’importantes notices biographiques et de nombreux extraits sont mis à notre disposition par les sources antiques : ces traces, bien que faibles, offrent un support incontournable à la reconstitution de l’histoire de l’Empire romain d’Orient entre le Ve et le VIe s. de notre ère. Ces auteurs, tout comme leurs collègues plus célèbres et à la tradition plus ‘heureuse’, étaient dans la plupart des cas des hauts fonctionnaires de l’Empire, liés de façon plus ou moins étroite à la cour impériale, vers laquelle ils manifestaient des attitudes différentes : entre autres, Candide l’Isaurien, Pamprepios de Panopolis, Capiton de Lycie, Eustathe d’Epiphania, Nonnosus, Pierre le Patrice et Hésychios de Milet.
L’état fragmentaire de ces historiens et l’absence d’études exhaustives sur la propagande impériale entre le Ve et le VIe s. rend l’accès à leurs fragments très difficile et notre connaissance de cette phase de l’Empire fort brumeuse : c’est donc dans l’objectif de restaurer une page importante de l’histoire de l’Empire et de rendre enfin accessible à tout public l’ensemble de cette tradition que nous nous proposons de réaliser une édition et une traduction globale en langue française des fragments de ces historiens et de les rendre disponibles en accès libre sur un site internet créé à cet effet.
Ce site sera réalisé sur le modèle de GREgORI, une interface multimédiale donnant accès à des concordances lemmatisées et désambiguïsées de plusieurs sources fondamentales pour la connaissance de l’Antiquité. Tout comme GREgORI, notre site mettra à la disposition des utilisateurs une base de données linguistiques, réalisée à partir de l’édition des fragments composant notre corpus, qui consentira d’explorer la fréquence de lemmes et de formes particulières dans la littérature tardive. À cette base linguistique nous ajouterons également une base de données iconographiques, permettant de parcourir les témoins manuscrits, ainsi que les vestiges archéologiques et les sources épigraphiques retraçant la même période historique. L’édition et la traduction relatives à chaque historien seront accompagnées d’une fiche biographique et descriptive de la tradition de l’auteur et de notes de commentaires justifiant le corpus de fragments. L’objectif est de promouvoir une approche critique des utilisateurs à l’édition et à la traduction proposées, grâce à l’accès direct aux sources primaires ; en vue de cela, les échanges entre les utilisateurs et les éditeurs / gestionnaires du site seront rendus possibles par un formulaire de contact. Le site sera enfin pourvu d’une plate-forme en accès restreint, destinée à la coordination des travaux et aux discussions internes des membres de l’équipe.
Le site sera présenté en avril 2017 dans le cadre d’une journée d’étude internationale sur le thème des historiens fragmentaires, dont l’objectif sera aussi celui de lancer une deuxième phase de notre projet.
Les règnes des empereurs Zénon, Anastase Ier Dicoros, Justin Ier et Justinien Ier (474-565 ap. J.-C.) voient l’émergence, en Orient, d’une copieuse production historique de langue grecque sous forme d’histoires universelles, chronographies ou monographies. Bien que de nombreux études offrent un cadre assez précis de cette littérature, surtout pout ce qui est de ses représentants majeurs (Zosime, Procope de Césarée ou Agathias le Scholastique), il nous est possible de constater qu’une lacune cruciale demande encore à être comblée : à l’exception de Malchos de Philadelphie, Christodore de Coptos et Jean Malalas, qui ont pu bénéficier d’éditions méticuleuses dans les dernières années, nous ne disposons, à présent, de travaux similaires pour maintes historiens « mineurs », témoins eux aussi de la parabole des empereurs mentionnés et accessibles, à nos jours, uniquement sous forme fragmentaire, leurs ouvrages étant perdus. En dépit de cette disparition, d’importantes notices biographiques et de nombreux extraits sont mis à notre disposition par les sources antiques : ces traces, bien que faibles, offrent un support incontournable à la reconstitution de l’histoire de l’Empire romain d’Orient entre le Ve et le VIe s. de notre ère. Ces auteurs, tout comme leurs collègues plus célèbres et à la tradition plus ‘heureuse’, étaient dans la plupart des cas des hauts fonctionnaires de l’Empire, liés de façon plus ou moins étroite à la cour impériale, vers laquelle ils manifestaient des attitudes différentes : entre autres, Candide l’Isaurien, Pamprepios de Panopolis, Capiton de Lycie, Eustathe d’Epiphania, Nonnosus, Pierre le Patrice et Hésychios de Milet.
L’état fragmentaire de ces historiens et l’absence d’études exhaustives sur la propagande impériale entre le Ve et le VIe s. rend l’accès à leurs fragments très difficile et notre connaissance de cette phase de l’Empire fort brumeuse : c’est donc dans l’objectif de restaurer une page importante de l’histoire de l’Empire et de rendre enfin accessible à tout public l’ensemble de cette tradition que nous nous proposons de réaliser une édition et une traduction globale en langue française des fragments de ces historiens et de les rendre disponibles en accès libre sur un site internet créé à cet effet.
Ce site sera réalisé sur le modèle de GREgORI, une interface multimédiale donnant accès à des concordances lemmatisées et désambiguïsées de plusieurs sources fondamentales pour la connaissance de l’Antiquité. Tout comme GREgORI, notre site mettra à la disposition des utilisateurs une base de données linguistiques, réalisée à partir de l’édition des fragments composant notre corpus, qui consentira d’explorer la fréquence de lemmes et de formes particulières dans la littérature tardive. À cette base linguistique nous ajouterons également une base de données iconographiques, permettant de parcourir les témoins manuscrits, ainsi que les vestiges archéologiques et les sources épigraphiques retraçant la même période historique. L’édition et la traduction relatives à chaque historien seront accompagnées d’une fiche biographique et descriptive de la tradition de l’auteur et de notes de commentaires justifiant le corpus de fragments. L’objectif est de promouvoir une approche critique des utilisateurs à l’édition et à la traduction proposées, grâce à l’accès direct aux sources primaires ; en vue de cela, les échanges entre les utilisateurs et les éditeurs / gestionnaires du site seront rendus possibles par un formulaire de contact. Le site sera enfin pourvu d’une plate-forme en accès restreint, destinée à la coordination des travaux et aux discussions internes des membres de l’équipe.
Le site sera présenté en avril 2017 dans le cadre d’une journée d’étude internationale sur le thème des historiens fragmentaires, dont l’objectif sera aussi celui de lancer une deuxième phase de notre projet.
AAP Interdisciplinaires, 2015-2016, Jacques Athanase Gilbert
L’objectif de ce projet consacré aux “réalité immersive” est de confronter des approches de l’immersion dans des domaines différents : spectacles, théâtre, représentations immersives, modélisation 3D, salles immersives, laboratoires, chaînes de production, environnement d’apprentissage, architecture, etc.
Il s’agit de croiser les expériences et les approches pour interroger les enjeux communs ou divergents dans l’utilisation de dispositifs immersifs. En effet, l’utilisation de dispositifs immersifs met en œuvre une scénarisation de la réalité ou l’invention d’une nouvelle réalité complétée ou augmentée. La problématique du projet se situe à l’intersection des questions esthétiques, littéraires, scientifiques et techniques, et plus généralement au point de rencontre de différents aspects des LLSHS et de certains aspects scientifiques autour des questions du numérique et celle de la scénarisation de réalités effectives ou fictives. À chaque fois, il s’agit de produire un nouvel environnement artificiel qui se donne comme spectacle à voir, à entendre ou à ressentir, cela pour des raisons narratives, esthétiques ou ludiques. Mais cela peut aussi concerner des environnements de savoir ou à visées opérationnelles qui produisent une visibilité nouvelle issue de la modélisation scientifique ou technique.
Les dispositifs immersifs, dans l’interaction des outils numériques scientifiques et techniques, produisent de nouvelles formes spectaculaires et/ou spéculaires multisensorielles qui complètent ou redéfinissent le rapport à la réalité et à ses représentations dans des champs très divers et pour des usages très différents. Les réalités immersives peuvent en effet produire un spectacle en 3D (de type Avatar) ou un jeu vidéo avec plusieurs participants connectés. Elles peuvent également être utilisées dans les domaines scientifiques ou industriels pour modéliser une réalité ou une situation de production ou de vente. On peut aussi utiliser des simulations immersives dans les domaines les plus divers pour permettre la visite virtuelle de sites archéologiques ou de bâtiments ou pour des situations d’apprentissage de pilotage d’avion ou de train. Cela permet d’accéder à la simulation d’une réalité inaccessible ou indisponible, ou de produire une réalité fictionnelle ou de faire apparaître une réalité produite par des modèles. Cela permet également d’inventer des réalités virtuelles partagées qui permettent l’interaction avec la machine mais aussi l’interaction des hommes entre eux dans ce nouvel environnement.
Le principe des dispositifs immersifs est de produire ou reproduire, de manière enveloppante, un environnement, de manière à produire une illusion/manifestation de la réalité naturelle ou artificielle mais aussi de permettre une interaction avec cette réalité immersive comme s’il s’agissait d’une réalité naturelle et partagée. Ainsi, un planétarium donne l’illusion d’une voûte céleste mais un jeu vidéo permet au joueur d’agir dans la réalité et de se déplacer dans l’espace fictif du jeu en interaction avec d’autres joueurs. Il est plutôt rare que la totalité des éléments sensibles se trouvent réunis se trouvent réunis dans une réalité immersive. En général les dispositifs sont optiques et auditifs, plus difficilement haptiques et ils concernent plus rarement encore le goût et l’odorat. Cela signifie qu’on désigne volontiers comme « immersifs » des environnements qui ne le sont que partiellement. Ce qui importe est moins le caractère exhaustif des simulations que le fait que la simulation ou la fiction du remplacement opère et suscite une adhésion. Pour cette raison, la lecture de romans a été dans le passé assimilée à un processus immersif. Il ressort de ce constat que l’immersion ne se tient pas seulement dans le dispositif qui la met en œuvre. Elle n’est pas simplement une notion technologique issue d’un dispositif technique dans la mesure où elle suppose une aptitude du sujet à se laisser envelopper par un environnement esthétique ou technique. Ce constat interroge l’aptitude des sociétés modernes à s’adapter à un environnement artificiel et suppose une certaine plasticité environnementale, jusqu’à interroger la notion même de réalité. Il faut alors envisager les dimensions phénoménologique, culturelle et sociale qui confèrent, ou non, la capacité d’une réalité immersive à se substituer à la réalité immédiate.
Les participants au projet relèvent de disciplines différentes qui se trouvent confrontées aux questions des réalités immersives dans des domaines littéraires, esthétiques et scientifiques. L’équipe comporte plusieurs membres de L’AMo dans les domaines littéraire et esthétique, Plusieurs architectes de l’École Nationale d’Architecture de Nantes, spécialiste des réalités immersives ainsi qu’un enseignant-chercheur de L’IRCCYN spécialiste de modélisation.
L’objectif de ce projet consacré aux “réalité immersive” est de confronter des approches de l’immersion dans des domaines différents : spectacles, théâtre, représentations immersives, modélisation 3D, salles immersives, laboratoires, chaînes de production, environnement d’apprentissage, architecture, etc.
Il s’agit de croiser les expériences et les approches pour interroger les enjeux communs ou divergents dans l’utilisation de dispositifs immersifs. En effet, l’utilisation de dispositifs immersifs met en œuvre une scénarisation de la réalité ou l’invention d’une nouvelle réalité complétée ou augmentée. La problématique du projet se situe à l’intersection des questions esthétiques, littéraires, scientifiques et techniques, et plus généralement au point de rencontre de différents aspects des LLSHS et de certains aspects scientifiques autour des questions du numérique et celle de la scénarisation de réalités effectives ou fictives. À chaque fois, il s’agit de produire un nouvel environnement artificiel qui se donne comme spectacle à voir, à entendre ou à ressentir, cela pour des raisons narratives, esthétiques ou ludiques. Mais cela peut aussi concerner des environnements de savoir ou à visées opérationnelles qui produisent une visibilité nouvelle issue de la modélisation scientifique ou technique.
Les dispositifs immersifs, dans l’interaction des outils numériques scientifiques et techniques, produisent de nouvelles formes spectaculaires et/ou spéculaires multisensorielles qui complètent ou redéfinissent le rapport à la réalité et à ses représentations dans des champs très divers et pour des usages très différents. Les réalités immersives peuvent en effet produire un spectacle en 3D (de type Avatar) ou un jeu vidéo avec plusieurs participants connectés. Elles peuvent également être utilisées dans les domaines scientifiques ou industriels pour modéliser une réalité ou une situation de production ou de vente. On peut aussi utiliser des simulations immersives dans les domaines les plus divers pour permettre la visite virtuelle de sites archéologiques ou de bâtiments ou pour des situations d’apprentissage de pilotage d’avion ou de train. Cela permet d’accéder à la simulation d’une réalité inaccessible ou indisponible, ou de produire une réalité fictionnelle ou de faire apparaître une réalité produite par des modèles. Cela permet également d’inventer des réalités virtuelles partagées qui permettent l’interaction avec la machine mais aussi l’interaction des hommes entre eux dans ce nouvel environnement.
Le principe des dispositifs immersifs est de produire ou reproduire, de manière enveloppante, un environnement, de manière à produire une illusion/manifestation de la réalité naturelle ou artificielle mais aussi de permettre une interaction avec cette réalité immersive comme s’il s’agissait d’une réalité naturelle et partagée. Ainsi, un planétarium donne l’illusion d’une voûte céleste mais un jeu vidéo permet au joueur d’agir dans la réalité et de se déplacer dans l’espace fictif du jeu en interaction avec d’autres joueurs. Il est plutôt rare que la totalité des éléments sensibles se trouvent réunis se trouvent réunis dans une réalité immersive. En général les dispositifs sont optiques et auditifs, plus difficilement haptiques et ils concernent plus rarement encore le goût et l’odorat. Cela signifie qu’on désigne volontiers comme « immersifs » des environnements qui ne le sont que partiellement. Ce qui importe est moins le caractère exhaustif des simulations que le fait que la simulation ou la fiction du remplacement opère et suscite une adhésion. Pour cette raison, la lecture de romans a été dans le passé assimilée à un processus immersif. Il ressort de ce constat que l’immersion ne se tient pas seulement dans le dispositif qui la met en œuvre. Elle n’est pas simplement une notion technologique issue d’un dispositif technique dans la mesure où elle suppose une aptitude du sujet à se laisser envelopper par un environnement esthétique ou technique. Ce constat interroge l’aptitude des sociétés modernes à s’adapter à un environnement artificiel et suppose une certaine plasticité environnementale, jusqu’à interroger la notion même de réalité. Il faut alors envisager les dimensions phénoménologique, culturelle et sociale qui confèrent, ou non, la capacité d’une réalité immersive à se substituer à la réalité immédiate.
Les participants au projet relèvent de disciplines différentes qui se trouvent confrontées aux questions des réalités immersives dans des domaines littéraires, esthétiques et scientifiques. L’équipe comporte plusieurs membres de L’AMo dans les domaines littéraire et esthétique, Plusieurs architectes de l’École Nationale d’Architecture de Nantes, spécialiste des réalités immersives ainsi qu’un enseignant-chercheur de L’IRCCYN spécialiste de modélisation.
AAP Interdisciplinaires, 2015-2016, Emmanuelle Bousquet
La technologie numérique s’impose de plus en plus comme instrument majeur de la médiation culturelle patrimoniale, tant matérielle qu’immatérielle, dans le domaine muséal comme dans ceux du spectacle ou du livre. Elle suscite un intérêt grandissant car elle accompagne les fortes mutations des pratiques sociales dans le recours aux nouvelles techniques de communication et d’information, nouveaux usages principalement portés par les jeunes générations, mais à diffusion rapide dans tout le corps social malgré le maintien de réelles inégalités. En ce sens, elle retient l’attention des responsables des équipements culturels car elle semble dotée de qualités susceptibles de contribuer avec une plus grande efficacité à l’élargissement des publics et à une avancée significative en termes de démocratisation culturelle par comparaison avec tout ce qui a été mobilisé jusqu’à présent.
Cependant il existe un réel danger de voir les pouvoirs publics se contenter d’un affichage de la modernité, en sacralisant le recours à l’outil, sans véritable réflexion approfondie sur l’environnement pédagogique de son utilisation et sa riche potentialité de renouvellement en termes de médiation et de valorisation. Dans les discours de nombre d’équipements culturels et de collectivités territoriales qui les financent, on en reste trop souvent au stade de la communication sur la position d’avant-garde, sans entrer dans une discussion poussée et argumentée de tous les changements méthodologiques à introduire en s’appuyant sur l’ensemble des capacités de la technologie numérique. Le plus souvent, on en reste à l’idée d’un outil qui, par son attractivité ludique, est susceptible d’améliorer le transfert du discours érudit vers les non sachants, ce qui enferme ces derniers dans une forme d’intériorité et de marginalité dès le départ.
Le projet de recherche Culture, Patrimoine, Création et Technologie numérique entend renverser totalement les termes de cette approche réductrice en partant du sujet, riche de tout son capital socio-culturel, pour le positionner en tant qu’acteur décisif de son apprentissage culturel afin d’expliciter les besoins essentiels de médiation auxquels la technologie numérique sera invitée à répondre. L’hypothèse de la recherche scientifique est de partir du « visiteur », entendu dans le sens le plus globalisant du terme comme lecteur, auditeur ou spectateur, doté de son capital d’expériences sociales et culturelles, pour déterminer les meilleures voies de progression possible dans un enrichissement culturel incluant une part variable de connaissances. Le panorama des rencontres scientifiques les plus récentes (INHA ou Quai Branly) souligne la forte originalité de cet angle de vue.
En rompant avec la posture classique de vulgarisation du savoir érudit sous-entendant une relation hiérarchique dans la transmission, le projet de recherche entend discuter des conditions de promotion culturelle des individus à partir de leurs acquis quels qu’ils soient. C’est seulement après avoir fait ce travail de reconstruction des objectifs que le dialogue avec la technologie numérique peut s’établir sur des bases fécondes susceptibles de pousser au maximum l’exploration de tous les procédés mobilisables pour mettre les visiteurs en situation d’être les principaux acteurs de leur progression. Il ne s’agit plus seulement d’adapter un discours savant aux capacités illustratives du numérique, mais de convier ce dernier à un effort d’innovation pour répondre aux énormes défis lancés par la refondation des actions de médiation et de valorisation.
L’enjeu principal de ce projet de recherche est de permettre d’explorer de nouveaux champs d’interactions entre disciplines des sciences humaines et des sciences de l’ingénierie et du numérique. L’abondance des outils informatiques permet à tout et un chacun de simplifier sa vie quotidienne grâce à des compagnons virtuels. Pourtant, les nouvelles interactions du projet proposé vont explorer un champ de recherche encore inconnu. Il conviendra donc de définir les nouvelles méthodologies à mettre en place pour définir ces interactions tant sur le plan épistémologique qu’opérationnel.
La technologie numérique s’impose de plus en plus comme instrument majeur de la médiation culturelle patrimoniale, tant matérielle qu’immatérielle, dans le domaine muséal comme dans ceux du spectacle ou du livre. Elle suscite un intérêt grandissant car elle accompagne les fortes mutations des pratiques sociales dans le recours aux nouvelles techniques de communication et d’information, nouveaux usages principalement portés par les jeunes générations, mais à diffusion rapide dans tout le corps social malgré le maintien de réelles inégalités. En ce sens, elle retient l’attention des responsables des équipements culturels car elle semble dotée de qualités susceptibles de contribuer avec une plus grande efficacité à l’élargissement des publics et à une avancée significative en termes de démocratisation culturelle par comparaison avec tout ce qui a été mobilisé jusqu’à présent.
Cependant il existe un réel danger de voir les pouvoirs publics se contenter d’un affichage de la modernité, en sacralisant le recours à l’outil, sans véritable réflexion approfondie sur l’environnement pédagogique de son utilisation et sa riche potentialité de renouvellement en termes de médiation et de valorisation. Dans les discours de nombre d’équipements culturels et de collectivités territoriales qui les financent, on en reste trop souvent au stade de la communication sur la position d’avant-garde, sans entrer dans une discussion poussée et argumentée de tous les changements méthodologiques à introduire en s’appuyant sur l’ensemble des capacités de la technologie numérique. Le plus souvent, on en reste à l’idée d’un outil qui, par son attractivité ludique, est susceptible d’améliorer le transfert du discours érudit vers les non sachants, ce qui enferme ces derniers dans une forme d’intériorité et de marginalité dès le départ.
Le projet de recherche Culture, Patrimoine, Création et Technologie numérique entend renverser totalement les termes de cette approche réductrice en partant du sujet, riche de tout son capital socio-culturel, pour le positionner en tant qu’acteur décisif de son apprentissage culturel afin d’expliciter les besoins essentiels de médiation auxquels la technologie numérique sera invitée à répondre. L’hypothèse de la recherche scientifique est de partir du « visiteur », entendu dans le sens le plus globalisant du terme comme lecteur, auditeur ou spectateur, doté de son capital d’expériences sociales et culturelles, pour déterminer les meilleures voies de progression possible dans un enrichissement culturel incluant une part variable de connaissances. Le panorama des rencontres scientifiques les plus récentes (INHA ou Quai Branly) souligne la forte originalité de cet angle de vue.
En rompant avec la posture classique de vulgarisation du savoir érudit sous-entendant une relation hiérarchique dans la transmission, le projet de recherche entend discuter des conditions de promotion culturelle des individus à partir de leurs acquis quels qu’ils soient. C’est seulement après avoir fait ce travail de reconstruction des objectifs que le dialogue avec la technologie numérique peut s’établir sur des bases fécondes susceptibles de pousser au maximum l’exploration de tous les procédés mobilisables pour mettre les visiteurs en situation d’être les principaux acteurs de leur progression. Il ne s’agit plus seulement d’adapter un discours savant aux capacités illustratives du numérique, mais de convier ce dernier à un effort d’innovation pour répondre aux énormes défis lancés par la refondation des actions de médiation et de valorisation.
L’enjeu principal de ce projet de recherche est de permettre d’explorer de nouveaux champs d’interactions entre disciplines des sciences humaines et des sciences de l’ingénierie et du numérique. L’abondance des outils informatiques permet à tout et un chacun de simplifier sa vie quotidienne grâce à des compagnons virtuels. Pourtant, les nouvelles interactions du projet proposé vont explorer un champ de recherche encore inconnu. Il conviendra donc de définir les nouvelles méthodologies à mettre en place pour définir ces interactions tant sur le plan épistémologique qu’opérationnel.
Programme de recherche interdisciplinaire, 2014, Amélie Renard, Elisabeth Gaucher-Rémond, Stéphane Loret
MEDIEVARS est un programme de recherche interdisciplinaire consacré aux différentes modalités de l’expression et de la représentation de soi, en pleine évolution du XIIIe au XVe siècle, dans la littérature (formes autobiographiques, descriptions littéraires de portraits), l’historiographie, les arts graphiques (peintures, miniatures, dessins, gravures), la sculpture, la statuaire et l’art funéraire (gisants, transis, masques funéraires), l’orfèvrerie, les monnaies, sceaux et médailles, la technique du vitrail et, du côté des marqueurs symboliques de l’individuation, les signatures, l’héraldique, les emblèmes et devises, auxquels on peut ajouter l’onomastique voire, lorsqu’elles témoignent d’une manifestation identitaire, les parures vestimentaires. Toutes ces formes d’exposition sont analysées de par leur fonctionnalité : le sujet y communique, à partir du regard personnel qu’il porte sur lui-même et des modèles socio-culturels auxquels il adhère, sa propre image, qu’elle soit médiatisée ou non par le savoir-faire d’un artiste. MEDIEVARS se fonde sur la mise en synergie des compétences interdisciplinaires pour instaurer un dialogue entre théories et pratiques de l’expression de soi, et ainsi mieux cerner, sous tous ses aspects, la prise de conscience de l’identité individuelle avant le XVIe siècle. Le programme s’attache aussi, dans sa visée syncrétique, à recontextualiser les œuvres sous une perspective européenne, par la prise en compte des importations de modèles et des transferts culturels, notamment sous l’influence de l’humanisme (France, Italie, Espagne, Allemagne, Pays Bas).
Plus d’information sur le site : http://medievars.hypotheses.org/
MEDIEVARS est un programme de recherche interdisciplinaire consacré aux différentes modalités de l’expression et de la représentation de soi, en pleine évolution du XIIIe au XVe siècle, dans la littérature (formes autobiographiques, descriptions littéraires de portraits), l’historiographie, les arts graphiques (peintures, miniatures, dessins, gravures), la sculpture, la statuaire et l’art funéraire (gisants, transis, masques funéraires), l’orfèvrerie, les monnaies, sceaux et médailles, la technique du vitrail et, du côté des marqueurs symboliques de l’individuation, les signatures, l’héraldique, les emblèmes et devises, auxquels on peut ajouter l’onomastique voire, lorsqu’elles témoignent d’une manifestation identitaire, les parures vestimentaires. Toutes ces formes d’exposition sont analysées de par leur fonctionnalité : le sujet y communique, à partir du regard personnel qu’il porte sur lui-même et des modèles socio-culturels auxquels il adhère, sa propre image, qu’elle soit médiatisée ou non par le savoir-faire d’un artiste. MEDIEVARS se fonde sur la mise en synergie des compétences interdisciplinaires pour instaurer un dialogue entre théories et pratiques de l’expression de soi, et ainsi mieux cerner, sous tous ses aspects, la prise de conscience de l’identité individuelle avant le XVIe siècle. Le programme s’attache aussi, dans sa visée syncrétique, à recontextualiser les œuvres sous une perspective européenne, par la prise en compte des importations de modèles et des transferts culturels, notamment sous l’influence de l’humanisme (France, Italie, Espagne, Allemagne, Pays Bas).
Plus d’information sur le site : http://medievars.hypotheses.org/
Projet ANR, 2015-2018, Anna Mirabella, Françoise Rubellin, Isabelle Ligier-Degauque, Walter Zidarič
Alors que Louis XIV a mis en place une politique culturelle fondée sur la centralisation et le monopole (seule l’Académie royale de musique peut donner des opéras et spectacles de musique et danse, seule la Comédie-Française peut donner des tragédies et comédies en français), deux autres théâtres réussissent pendant plus d’un siècle à exister et à se maintenir en dehors de ce système de privilège. Il s’agit de la Comédie-Italienne et des théâtres de la Foire (qui se produisent deux mois pendant les grands rassemblements commerciaux que sont la Foire Saint-Germain en hiver et la Foire Saint-Laurent en été).
Jalousés par les deux scènes privilégiées, ils vont connaître des crises majeures, des procès incessants, des expulsions, des destructions. Or l’histoire de la littérature a longtemps fait peu de place à ces deux théâtres, célébrant les classiques de la Comédie-Française, comme Voltaire et Beaumarchais, et minimisant tout ce que Marivaux doit à la Comédie-Italienne (oubliant aussi que Molière jouait en alternance avec les Italiens à l’Hôtel de Bourgogne et s’inspirait de ceux-ci) ; quant aux spectacles forains, ils n’ont jamais eu droit jusqu’à aujourd’hui à un chapitre dans un manuel scolaire. Pourtant ils sont partie intégrante du patrimoine dramatique français, et témoignent d’une extraordinaire inventivité face à la contrainte, générant de nouvelles formes dramatiques (pièces par écriteaux, monologues à plusieurs, pantomimes, opéra-comique, etc.) qui perdureront aux siècles suivants (depuis l’opérette jusqu’au karaoké). Si ces théâtres de la Foire, ainsi que tout un pan de la Comédie-Italienne, ont été largement sous-étudiés, c’est pour des raisons politiques, idéologiques (ils sont souvent accusés de subversion) mais aussi matérielles (sources d’archives manuscrites, souvent dispersées, musique perdue, des centaines de pièces inédites etc.). Notre projet reposera en premier lieu sur une masse de sources jusque-là inexploitées et inédites (près de 30000 pages de registres, actes notariés, procès-verbaux, comédies et opéras-comiques inédits).
En traitant ensemble pour la première fois la Comédie-Italienne et les théâtres forains, ces deux exclus du système des privilèges, il s’agira d’interroger d’une part les processus d’acculturation des Italiens et d’institutionnalisation (en 1762 la troupe de l’Opéra-Comique de la Foire fusionne avec la Comédie-Italienne ; l’Académie royale de musique cède en 1779 pour 30 ans le privilège de l’Opéra-Comique au Théâtre-Italien) et d’autre part les innovations artistiques inventées sous la contrainte par ces théâtres pour se maintenir.
Devant l’ampleur de ces archives, CIRESFI propose de relever un défi technologique en faisant collaborer les spécialistes du théâtre avec des chercheurs réputés en STIC pour travailler à la création d’un outil de reconnaissance de l’écriture manuscrite, afin de faciliter la saisie de milliers de pages pour la construction d’une vaste base de données interactive. Il s’agira à terme de pouvoir mettre en relation tous les éléments et événements qui concernent un spectacle des théâtres de la Foire ou de la Comédie-Italienne, depuis le coût de la production (registres), les accessoires utilisés, les acteurs employés, la composition sociale du public, les airs (retrouver les partitions et les instruments utilisés par l’orchestre), les danses (retrouver les types de danse) le texte de la pièce (déchiffrer et étudier les manuscrits, analyser les marques des censeurs).
Ce programme ambitieux jettera un regard résolument neuf sur des formes émergentes de création et sur les mutations de l’économie du spectacle ; il comporte des enjeux aussi bien esthétiques que sociaux. C’est un défi matériel et herméneutique pour montrer un autre visage culturel du patrimoine dramatique des Lumières que celui qui lui est académiquement consacré.
Alors que Louis XIV a mis en place une politique culturelle fondée sur la centralisation et le monopole (seule l’Académie royale de musique peut donner des opéras et spectacles de musique et danse, seule la Comédie-Française peut donner des tragédies et comédies en français), deux autres théâtres réussissent pendant plus d’un siècle à exister et à se maintenir en dehors de ce système de privilège. Il s’agit de la Comédie-Italienne et des théâtres de la Foire (qui se produisent deux mois pendant les grands rassemblements commerciaux que sont la Foire Saint-Germain en hiver et la Foire Saint-Laurent en été).
Jalousés par les deux scènes privilégiées, ils vont connaître des crises majeures, des procès incessants, des expulsions, des destructions. Or l’histoire de la littérature a longtemps fait peu de place à ces deux théâtres, célébrant les classiques de la Comédie-Française, comme Voltaire et Beaumarchais, et minimisant tout ce que Marivaux doit à la Comédie-Italienne (oubliant aussi que Molière jouait en alternance avec les Italiens à l’Hôtel de Bourgogne et s’inspirait de ceux-ci) ; quant aux spectacles forains, ils n’ont jamais eu droit jusqu’à aujourd’hui à un chapitre dans un manuel scolaire. Pourtant ils sont partie intégrante du patrimoine dramatique français, et témoignent d’une extraordinaire inventivité face à la contrainte, générant de nouvelles formes dramatiques (pièces par écriteaux, monologues à plusieurs, pantomimes, opéra-comique, etc.) qui perdureront aux siècles suivants (depuis l’opérette jusqu’au karaoké). Si ces théâtres de la Foire, ainsi que tout un pan de la Comédie-Italienne, ont été largement sous-étudiés, c’est pour des raisons politiques, idéologiques (ils sont souvent accusés de subversion) mais aussi matérielles (sources d’archives manuscrites, souvent dispersées, musique perdue, des centaines de pièces inédites etc.). Notre projet reposera en premier lieu sur une masse de sources jusque-là inexploitées et inédites (près de 30000 pages de registres, actes notariés, procès-verbaux, comédies et opéras-comiques inédits).
En traitant ensemble pour la première fois la Comédie-Italienne et les théâtres forains, ces deux exclus du système des privilèges, il s’agira d’interroger d’une part les processus d’acculturation des Italiens et d’institutionnalisation (en 1762 la troupe de l’Opéra-Comique de la Foire fusionne avec la Comédie-Italienne ; l’Académie royale de musique cède en 1779 pour 30 ans le privilège de l’Opéra-Comique au Théâtre-Italien) et d’autre part les innovations artistiques inventées sous la contrainte par ces théâtres pour se maintenir.
Devant l’ampleur de ces archives, CIRESFI propose de relever un défi technologique en faisant collaborer les spécialistes du théâtre avec des chercheurs réputés en STIC pour travailler à la création d’un outil de reconnaissance de l’écriture manuscrite, afin de faciliter la saisie de milliers de pages pour la construction d’une vaste base de données interactive. Il s’agira à terme de pouvoir mettre en relation tous les éléments et événements qui concernent un spectacle des théâtres de la Foire ou de la Comédie-Italienne, depuis le coût de la production (registres), les accessoires utilisés, les acteurs employés, la composition sociale du public, les airs (retrouver les partitions et les instruments utilisés par l’orchestre), les danses (retrouver les types de danse) le texte de la pièce (déchiffrer et étudier les manuscrits, analyser les marques des censeurs).
Ce programme ambitieux jettera un regard résolument neuf sur des formes émergentes de création et sur les mutations de l’économie du spectacle ; il comporte des enjeux aussi bien esthétiques que sociaux. C’est un défi matériel et herméneutique pour montrer un autre visage culturel du patrimoine dramatique des Lumières que celui qui lui est académiquement consacré.
Projet Région des Pays de la Loire - Allocations en SHS, 2014-2015, Fanny Prou, Françoise Rubellin
Il est bien connu que Louis XIV a mis en place une politique culturelle férocement centralisatrice, donnant naissance à deux grandes institutions qui détiennent un privilège (avantage d’exclusivité possédé par un groupe par concession royale) : L’Académie royale de musique (Opéra) créée en 1669 et la Comédie-Française créée en 1680 (deux institutions qui existent encore aujourd’hui). Or d’autres spectacles réussissent à exister et à se maintenir, en dehors de ce système de privilège, qu’on appelle "les théâtres de la Foire" : depuis le XVIIe, par intermittence, des troupes jouent pendant les grands marchés que sont la Foire Saint-Germain (février-mars) et la Foire Saint-Laurent (juillet à septembre). Parce qu’ils sont exclus du système de théâtres privilégiés que met en place Louis XIV, les artistes forains vont connaître, selon des modes différents, des crises majeures. Les spectacles forains se développent et subissent les attaques et procès de l’institution : théâtres détruits à coups de hache, interdiction de jouer des pièces, puis d’employer des dialogues, puis même les monologues, puis le chant, multiplication des procès... Ils devront de plus affronter la censure théâtrale, instituée en France en 1706. Ces théâtres, par leur résistance et leur inventivité, vont cependant prendre une ampleur considérable et bouleverser le paysage culturel.
Ce vaste pan du patrimoine culturel français a longtemps été méconnu et sous-estimé pour des raisons matérielles (sources dispersées, archives manuscrites, manuscrits anonymes) et idéologiques (mépris et défiance à l’égard d’un théâtre dit populaire et parfois subversif). Pourtant, si aujourd’hui les savants s’accordent à reconnaître l’importance de ces théâtres marginaux, et y voient une des origines de la culture populaire de masse, la connaissance du répertoire reste fragmentaire, d’une part parce que peu de pièces sont éditées et accessibles, qui ne sont pas représentatives de la diversité ; d’autre part parce que l’histoire précise des interdictions, de la répression et de l’invention des nouvelles formes n’est pas clairement écrite. Ce sont ces deux lacunes que ce projet doctoral entend combler, à l’heure où l’intérêt pour le théâtre des marges ne cesse de croître.
L’objectif d’une thèse portant sur ces théâtres marginaux sera d’étudier comment la contrainte, le contexte de répression et la censure ont paradoxalement favorisé l’émergence de nouvelles formes extrêmement originales, qui ont des échos aujourd’hui, dont il faudra fournir une édition, une analyse esthétique et contextuelle, assortie d’une mise en perspective historique appuyée sur l’histoire détaillée des interdictions.
Il est bien connu que Louis XIV a mis en place une politique culturelle férocement centralisatrice, donnant naissance à deux grandes institutions qui détiennent un privilège (avantage d’exclusivité possédé par un groupe par concession royale) : L’Académie royale de musique (Opéra) créée en 1669 et la Comédie-Française créée en 1680 (deux institutions qui existent encore aujourd’hui). Or d’autres spectacles réussissent à exister et à se maintenir, en dehors de ce système de privilège, qu’on appelle "les théâtres de la Foire" : depuis le XVIIe, par intermittence, des troupes jouent pendant les grands marchés que sont la Foire Saint-Germain (février-mars) et la Foire Saint-Laurent (juillet à septembre). Parce qu’ils sont exclus du système de théâtres privilégiés que met en place Louis XIV, les artistes forains vont connaître, selon des modes différents, des crises majeures. Les spectacles forains se développent et subissent les attaques et procès de l’institution : théâtres détruits à coups de hache, interdiction de jouer des pièces, puis d’employer des dialogues, puis même les monologues, puis le chant, multiplication des procès... Ils devront de plus affronter la censure théâtrale, instituée en France en 1706. Ces théâtres, par leur résistance et leur inventivité, vont cependant prendre une ampleur considérable et bouleverser le paysage culturel.
Ce vaste pan du patrimoine culturel français a longtemps été méconnu et sous-estimé pour des raisons matérielles (sources dispersées, archives manuscrites, manuscrits anonymes) et idéologiques (mépris et défiance à l’égard d’un théâtre dit populaire et parfois subversif). Pourtant, si aujourd’hui les savants s’accordent à reconnaître l’importance de ces théâtres marginaux, et y voient une des origines de la culture populaire de masse, la connaissance du répertoire reste fragmentaire, d’une part parce que peu de pièces sont éditées et accessibles, qui ne sont pas représentatives de la diversité ; d’autre part parce que l’histoire précise des interdictions, de la répression et de l’invention des nouvelles formes n’est pas clairement écrite. Ce sont ces deux lacunes que ce projet doctoral entend combler, à l’heure où l’intérêt pour le théâtre des marges ne cesse de croître.
L’objectif d’une thèse portant sur ces théâtres marginaux sera d’étudier comment la contrainte, le contexte de répression et la censure ont paradoxalement favorisé l’émergence de nouvelles formes extrêmement originales, qui ont des échos aujourd’hui, dont il faudra fournir une édition, une analyse esthétique et contextuelle, assortie d’une mise en perspective historique appuyée sur l’histoire détaillée des interdictions.
Projet IUF, 2014-2019, Anne Teulade
Le programme déposé en 2013 portait essentiellement sur la manière dont l’art s’approprie le réel, et notamment dont il configure le temps récent et les mutations dans la représentation de la subjectivité. Je souhaitais étudier comment la fiction prend en charge l’entrée dans la première modernité, en interprétant le rapport de l’individu à son histoire récente. Il s’agissait de revenir sur le préjugé selon lequel l’art des XVIe et XVIIe siècle serait un art de l’éloignement et de l’idéalisation, détournant le regard de son présent - alors par exemple que le rapport des littératures des XXe et XXIe siècles au réel est à présent bien établi et paraît, précisément, constituer un tropisme contemporain. Le projet, centré sur la première modernité (XVIe-XVIIe siècle), souhaitait nourrir un dialogue approfondi avec les théories et les pratiques contemporaines, afin de dégager plusieurs modalités de prise en charge du réel par la fiction. En perspective, il s’agissait toujours de mesurer l’apport des fictions à notre compréhension du monde et d’interroger leur valeur, leur usage et leur positionnement, notamment en temps de crise.
À travers ces travaux, qui comportent une grande part de projets collectifs ayant drainé un nombre important de chercheurs, ce programme aura permis de mettre en évidence des dialogues interdisciplinaires féconds entre littérature et histoire des idées, littérature et histoire, littérature et philosophie.
En m’interrogeant sur ce que le discours littéraire peut apporter en propre, en examinant la manière dont les œuvres permettent de penser le réel et la culture d’une époque, j’ai pu montrer qu’il s’agit rarement de subordonner la littérature aux événements ou à des pensées savantes dont elle se feraient simplement les reflets ou la caisse de résonance. Dégager la valeur et l’intérêt des dispositifs fictionnalisants a permis d’affirmer la fonction primordiale de la littérature et de son étude, fonction qui ne se laisse pas absorber par une perspective utilitariste, mais se redéploie autour d’une constellation d’effets émotionnels et intellectuels précieux, y compris et surtout en temps de crise. Autrement dit, l’exploration menée, qui suppose un dialogue entre le fait littéraire et son contexte historique ou anthropologique, aura permis de cerner comment les fabriques mimétiques constituent un lieu spécifique pour configurer ces expériences et en viennent à réfléchir sur l’apport singulier de la fiction ou de l’illusion dramatique à la saisie des crises.
Ce projet a par ailleurs fait émerger une ligne que je pourrais dire « impure » du théâtre de la première modernité : un ensemble d’œuvres se frottant aux aspérités du réel, offrant un miroir aux mutations de l’histoire comme aux configurations du sujet confronté à ces bouleversements. Il contribue à une réélaboration du canon théâtral de la première modernité, en mettant au premier plan des œuvres préoccupées par l’ici et maintenant, et ne détournant pas le regard vers des ailleurs déréalisés ou idéalisés.
Le programme déposé en 2013 portait essentiellement sur la manière dont l’art s’approprie le réel, et notamment dont il configure le temps récent et les mutations dans la représentation de la subjectivité. Je souhaitais étudier comment la fiction prend en charge l’entrée dans la première modernité, en interprétant le rapport de l’individu à son histoire récente. Il s’agissait de revenir sur le préjugé selon lequel l’art des XVIe et XVIIe siècle serait un art de l’éloignement et de l’idéalisation, détournant le regard de son présent - alors par exemple que le rapport des littératures des XXe et XXIe siècles au réel est à présent bien établi et paraît, précisément, constituer un tropisme contemporain. Le projet, centré sur la première modernité (XVIe-XVIIe siècle), souhaitait nourrir un dialogue approfondi avec les théories et les pratiques contemporaines, afin de dégager plusieurs modalités de prise en charge du réel par la fiction. En perspective, il s’agissait toujours de mesurer l’apport des fictions à notre compréhension du monde et d’interroger leur valeur, leur usage et leur positionnement, notamment en temps de crise.
À travers ces travaux, qui comportent une grande part de projets collectifs ayant drainé un nombre important de chercheurs, ce programme aura permis de mettre en évidence des dialogues interdisciplinaires féconds entre littérature et histoire des idées, littérature et histoire, littérature et philosophie.
En m’interrogeant sur ce que le discours littéraire peut apporter en propre, en examinant la manière dont les œuvres permettent de penser le réel et la culture d’une époque, j’ai pu montrer qu’il s’agit rarement de subordonner la littérature aux événements ou à des pensées savantes dont elle se feraient simplement les reflets ou la caisse de résonance. Dégager la valeur et l’intérêt des dispositifs fictionnalisants a permis d’affirmer la fonction primordiale de la littérature et de son étude, fonction qui ne se laisse pas absorber par une perspective utilitariste, mais se redéploie autour d’une constellation d’effets émotionnels et intellectuels précieux, y compris et surtout en temps de crise. Autrement dit, l’exploration menée, qui suppose un dialogue entre le fait littéraire et son contexte historique ou anthropologique, aura permis de cerner comment les fabriques mimétiques constituent un lieu spécifique pour configurer ces expériences et en viennent à réfléchir sur l’apport singulier de la fiction ou de l’illusion dramatique à la saisie des crises.
Ce projet a par ailleurs fait émerger une ligne que je pourrais dire « impure » du théâtre de la première modernité : un ensemble d’œuvres se frottant aux aspérités du réel, offrant un miroir aux mutations de l’histoire comme aux configurations du sujet confronté à ces bouleversements. Il contribue à une réélaboration du canon théâtral de la première modernité, en mettant au premier plan des œuvres préoccupées par l’ici et maintenant, et ne détournant pas le regard vers des ailleurs déréalisés ou idéalisés.
Programme IUF - Christine Lombez, 2014-2019
La traduction d’œuvres littéraires est l’un des moyens les plus sûrs pour s’ouvrir à d’autres traditions d’écriture et faire ainsi dialoguer les cultures. Toutefois, ce dialogue peut se révéler biaisé lorsque l’activité des traducteurs se déploie dans un cadre politiquement contraint et orienté par des desseins idéologiques. Quel « Autre » importe-t-on, dans ces conditions, vers la langue-cible ? Comment, pour quel public et avec quel objectif ? La période de l’Occupation allemande en France (1940-44) cristallise de manière exemplaire ces interrogations. Les quatre années durant lesquelles la France a été soumise à la loi de l’Occupant a eu, outre d’évidentes répercussions politiques et économiques, un impact important dans la vie culturelle du pays : il s’agissait en effet pour l’Allemagne fasciste de mettre au pas la France vaincue après l’armistice de 1940 et de lui imposer un ordre nouveau fondé sur les valeurs nationales-socialistes, avec, au premier plan, et au moyen de la traduction en français, l’introduction massive d’auteurs allemands sur le marché éditorial « officiel » (contrôlé pour tout ou partie par des capitaux allemands).
De ce fait, les années d’Occupation ont vu éclore (en France, mais aussi dans d’autres pays francophones comme la Belgique) un très vif intérêt pour la pratique de la traduction littéraire ; elles ont également nourri dans la presse de tous bords de nombreux débats sur les oeuvres choisies, la manière de les traduire, les profils (parfois controversés) des traducteurs - autant de problématiques dont notre projet ambitionne de rendre compte. Il s’agira donc, en coopération avec une équipe internationale et grâce à une importante collecte de données bibliographiques encore inédites, de mettre au jour tout un pan de l’histoire littéraire française et francophone qui n’a, jusqu’à aujourd’hui, jamais fait l’objet d’une exploration systématique.
Site du programme : www.tsocc.univ-nantes.fr
La traduction d’œuvres littéraires est l’un des moyens les plus sûrs pour s’ouvrir à d’autres traditions d’écriture et faire ainsi dialoguer les cultures. Toutefois, ce dialogue peut se révéler biaisé lorsque l’activité des traducteurs se déploie dans un cadre politiquement contraint et orienté par des desseins idéologiques. Quel « Autre » importe-t-on, dans ces conditions, vers la langue-cible ? Comment, pour quel public et avec quel objectif ? La période de l’Occupation allemande en France (1940-44) cristallise de manière exemplaire ces interrogations. Les quatre années durant lesquelles la France a été soumise à la loi de l’Occupant a eu, outre d’évidentes répercussions politiques et économiques, un impact important dans la vie culturelle du pays : il s’agissait en effet pour l’Allemagne fasciste de mettre au pas la France vaincue après l’armistice de 1940 et de lui imposer un ordre nouveau fondé sur les valeurs nationales-socialistes, avec, au premier plan, et au moyen de la traduction en français, l’introduction massive d’auteurs allemands sur le marché éditorial « officiel » (contrôlé pour tout ou partie par des capitaux allemands).
De ce fait, les années d’Occupation ont vu éclore (en France, mais aussi dans d’autres pays francophones comme la Belgique) un très vif intérêt pour la pratique de la traduction littéraire ; elles ont également nourri dans la presse de tous bords de nombreux débats sur les oeuvres choisies, la manière de les traduire, les profils (parfois controversés) des traducteurs - autant de problématiques dont notre projet ambitionne de rendre compte. Il s’agira donc, en coopération avec une équipe internationale et grâce à une importante collecte de données bibliographiques encore inédites, de mettre au jour tout un pan de l’histoire littéraire française et francophone qui n’a, jusqu’à aujourd’hui, jamais fait l’objet d’une exploration systématique.
Site du programme : www.tsocc.univ-nantes.fr
Projet Région des Pays de la Loire - Allocations en SHS, 2013-2014, Eugenio Amato, Matteo Deroma
Le projet se propose de procurer une nouvelle édition critique, avec traduction et commentaire, de l’une des déclamations de Chorikios, le Patroclus (op. XXXVIII F.-R.) ; elle sera en outre accompagnée d’une étude littéraire et rhétorique générale de la pièche chorikienne. Le présent projet doctoral, sous la direction d’E. Amato, s’inscrit dans un projet international plus vaste d’édition, traduction et commentaire de toutes les oeuvres de Chorikios, soutenu par l’Institut Universitaire de France (Projet IUF-Amato) et dont la publication est prévue dans la « Collection des Universités de France - série grecque » (Paris, Les Belles Lettres).
Le projet se propose de procurer une nouvelle édition critique, avec traduction et commentaire, de l’une des déclamations de Chorikios, le Patroclus (op. XXXVIII F.-R.) ; elle sera en outre accompagnée d’une étude littéraire et rhétorique générale de la pièche chorikienne. Le présent projet doctoral, sous la direction d’E. Amato, s’inscrit dans un projet international plus vaste d’édition, traduction et commentaire de toutes les oeuvres de Chorikios, soutenu par l’Institut Universitaire de France (Projet IUF-Amato) et dont la publication est prévue dans la « Collection des Universités de France - série grecque » (Paris, Les Belles Lettres).
Projet IUF, 2012-2017, Eugenio Amato
Le projet vise à procurer une nouvelle édition critique de tous les écrits de Chorikios de Gaza, l’une des dernières voix de la sophistique et rhétorique grecques d’époque impériale et tardive, d’après une étude attentive et complète de la tradition manuscrite, ainsi qu’une traduction de l’ensemble de ce riche corpus, accompagnée par un commentaire linguistique, stylistique et philologique et une analyse approfondie de ses composants littéraires et rhétoriques, mais aussi par une concordance lemmatisée. Un projet de ce genre est à présent d’autant plus justifié que ces derniers temps les études sur Gaza dans l’Antiquité Tardive et en particulier sur l’espace littéraire et l’identité culturelle de l’École de Gaza sont en plein épanouissement. Il n’existe par ailleurs aucune traduction complète en langue moderne de Chorikios, aucun commentaire systématique, aucune étude d’ensemble, aucune concordance ni index des mots. Quant à elle, la dernière et seule édition critique du texte grec de Chorikios date de 1929 et elle demeure depuis longtemps épuisée. Le projet prévoit la création d’une équipe de recherche internationale et l’utilisation d’instruments d’édition électroniques.
Le projet vise à procurer une nouvelle édition critique de tous les écrits de Chorikios de Gaza, l’une des dernières voix de la sophistique et rhétorique grecques d’époque impériale et tardive, d’après une étude attentive et complète de la tradition manuscrite, ainsi qu’une traduction de l’ensemble de ce riche corpus, accompagnée par un commentaire linguistique, stylistique et philologique et une analyse approfondie de ses composants littéraires et rhétoriques, mais aussi par une concordance lemmatisée. Un projet de ce genre est à présent d’autant plus justifié que ces derniers temps les études sur Gaza dans l’Antiquité Tardive et en particulier sur l’espace littéraire et l’identité culturelle de l’École de Gaza sont en plein épanouissement. Il n’existe par ailleurs aucune traduction complète en langue moderne de Chorikios, aucun commentaire systématique, aucune étude d’ensemble, aucune concordance ni index des mots. Quant à elle, la dernière et seule édition critique du texte grec de Chorikios date de 1929 et elle demeure depuis longtemps épuisée. Le projet prévoit la création d’une équipe de recherche internationale et l’utilisation d’instruments d’édition électroniques.
Programme de recherche international, 2012-2017, Carlo Manzione, Eugenio Amato, Lucie Thévenet, Matteo Deroma, Nadine Sauterel, Nunzia Pendino, Paola D’Alessio
Aux Ve et VIe siècles, Gaza, cité à la croisée des civilisations, pour reprendre le titre d’un ouvrage récent (Gaza à la croisée des civilisations, I. Contexte historique et archéologique, Neuchâtel-Genève, 2007), a vu fleurir parmi la noblesse et les gens de lettres un extraordinaire phénomène de syncrétisme entre hellénisme et chrétienté. La réunion de ces deux réalités, apparemment inconciliables dans le giron de la rhétorique, à rattacher au plus vaste mouvement connu aujourd’hui sous l’appellation de Troisième Sophistique, a permis à la ville palestinienne, au sommet de son activité littéraire, de disputer à Athènes le rôle de capitale culturelle de l’empire. En effet, sur un fond de politique troublé par les menaces extérieures, les conflits d’ordre religieux, les guerres intestines ou les périls naturels, a émergé dans la ville et ses environs un espace privilégié de création atypique constitué de clercs, dignitaires et fonctionnaires impériaux, de poètes et d’érudits chrétiens, nourris aux mamelles de la Rhétorique antique dont les célèbres directeurs d’école, Procope et Chorikios, se faisaient les chantres et que K. B. Stark appela « L’école de Gaza » (K. B. Stark, Gaza und die philistäische Küste, Jena, 1852).
L’École de Gaza, donc, est un véritable mouvement littéraire qui s’esquisse, avec son institution, ses élèves, ses règles et ses « étoiles ». Un mouvement qui s’inscrit dans le continuum de l’histoire et s’érige non seulement en tant que mémoire du glorieux passé d’Athènes mais en tant que témoin du présent de l’empire proto-byzantin. Un mouvement qui reflète les grandes questions théologiques, philosophiques et morales autant que les préoccupations quotidiennes des Gazéens. Un mouvement, enfin, qui mérite, dans les études historiques et littéraires, ses lettres de noblesse.
Ces dernières années ont vu naître un intérêt croissant pour l’École de Gaza dans l’Antiquité Tardive : archéologues, historiens et philologues n’ont de cesse de réexaminer le grand nombre d’informations que les auteurs anciens ont laissé dans leurs œuvres, qu’accroît encore, entre autres, la découverte de manuscrits inédits. En 2004, B. Bitton-Ashkelony et A. Kofsky éditèrent un recueil de treize contributions visant à dresser un tableau vivant de l’histoire de la cité de Gaza tardo-antique, notamment de son histoire chrétienne (B. Bitton-Ashkelony et A. Kofsky [éd.], Christian Gaza in Late Antiquity, Leiden-Boston, 2004). Trois colloques sur l’état de la question ont également été organisés : le premier a été tenu à Poitiers (6-7 mai 2004), sous la direction de C. Saliou (Gaza dans l’Antiquité Tardive. Archéologie, Rhétorique, Histoire. Actes du colloque international de Poitiers (6-7 mai 2004), édités par C. Saliou, Salerno, 2005) ; un deuxième a été organisé par E. Amato, A. Corcella et D. Lauritzen à Paris, au Collège de France (23-25 mai 2013) ; le troisième a eu lieu à Nantes (6 juin 2014) sur l’initiative de E. Amato, M. Deroma et L. Thévenet (Discorso pubblico e declamazione scolastica a Gaza nella tarda antichità : Coricio di Gaza e la sua opera. Atti della giornata di studio, Nantes 6 giugno 2014, a cura di E. Amato, L. Thévenet, G. Ventrella, Bari, 2014). Récemment, la publication de l’œuvre complète de Procope de Gaza dans la « Collection des Université de France » ouvrit un vaste chantier d’investigations comprenant notamment l’édition française du corpus de Chorikios pour la même collection et soutenue par l’Institut Universitaire de France. Cette entreprise s’ajoute aux recherches en cours sur les différents aspects de l’École de Gaza et les divers auteurs qui l’animent, comme Jean, Énée, Timothée et les moines du désert dont le rôle n’est de loin pas négligeable.
Actuellement une équipe de recherche internationale, sous l’égide d’E. Amato (Université de Nantes et Institut Universitaire de France) et A. Corcella (Università della Basilicata), composée de membres, professeurs initiés et doctorants, partagent leur enthousiasme et leurs compétences spécifiques afin de combler les lacunes qui empêchent encore d’embrasser intégralement ce mouvement culturel. Parrainé par l’Institut Universitaire de France, l’Université de Nantes dont le Laboratoire EA 4276 L’antique le Moderne (L’AMo) et la Région des Pays de la Loire, le collectif s’attache notamment à faire connaître l’École de Gaza par la mise sur pied de colloques et de journées d’études et à faire connaître l’avancement de la question par le biais de publications d’articles et de recueils d’actes relayés et réunis sur un site internet spécialisé.
Le site internet « écoledegaza.fr » est le premier site officiel sur l’École de Gaza dans l’Antiquité Tardive. Soutenu par l’Institut Universitaire de France, conçu et administré par des membres de l’équipe de recherche, il se veut être un moyen de diffusion élargie, sans cesse actualisé, de l’état de la recherche : biographies, listes de manuscrits, prosopographie, bibliographies mises à jour et téléchargements de documents sont à disposition moyennant un code d’accès. Ce site a en outre la motivation de refléter les aspirations et la passion de l’équipe que vous pouvez découvrir sur la page membres. Ce site constitue également une plateforme dynamique d’échanges entre chercheurs de tous pays. Dans ce but, un formulaire de contact est mis à votre disposition pour nous faire part de vos expériences, recherches, découvertes et suggestions.
Enfin, l’École de Gaza est ouverte à tous : amateurs, passionnés de littérature, d’histoire et curieux, les administrateurs vous souhaitent une belle et enrichissante navigation !
Aux Ve et VIe siècles, Gaza, cité à la croisée des civilisations, pour reprendre le titre d’un ouvrage récent (Gaza à la croisée des civilisations, I. Contexte historique et archéologique, Neuchâtel-Genève, 2007), a vu fleurir parmi la noblesse et les gens de lettres un extraordinaire phénomène de syncrétisme entre hellénisme et chrétienté. La réunion de ces deux réalités, apparemment inconciliables dans le giron de la rhétorique, à rattacher au plus vaste mouvement connu aujourd’hui sous l’appellation de Troisième Sophistique, a permis à la ville palestinienne, au sommet de son activité littéraire, de disputer à Athènes le rôle de capitale culturelle de l’empire. En effet, sur un fond de politique troublé par les menaces extérieures, les conflits d’ordre religieux, les guerres intestines ou les périls naturels, a émergé dans la ville et ses environs un espace privilégié de création atypique constitué de clercs, dignitaires et fonctionnaires impériaux, de poètes et d’érudits chrétiens, nourris aux mamelles de la Rhétorique antique dont les célèbres directeurs d’école, Procope et Chorikios, se faisaient les chantres et que K. B. Stark appela « L’école de Gaza » (K. B. Stark, Gaza und die philistäische Küste, Jena, 1852).
L’École de Gaza, donc, est un véritable mouvement littéraire qui s’esquisse, avec son institution, ses élèves, ses règles et ses « étoiles ». Un mouvement qui s’inscrit dans le continuum de l’histoire et s’érige non seulement en tant que mémoire du glorieux passé d’Athènes mais en tant que témoin du présent de l’empire proto-byzantin. Un mouvement qui reflète les grandes questions théologiques, philosophiques et morales autant que les préoccupations quotidiennes des Gazéens. Un mouvement, enfin, qui mérite, dans les études historiques et littéraires, ses lettres de noblesse.
Ces dernières années ont vu naître un intérêt croissant pour l’École de Gaza dans l’Antiquité Tardive : archéologues, historiens et philologues n’ont de cesse de réexaminer le grand nombre d’informations que les auteurs anciens ont laissé dans leurs œuvres, qu’accroît encore, entre autres, la découverte de manuscrits inédits. En 2004, B. Bitton-Ashkelony et A. Kofsky éditèrent un recueil de treize contributions visant à dresser un tableau vivant de l’histoire de la cité de Gaza tardo-antique, notamment de son histoire chrétienne (B. Bitton-Ashkelony et A. Kofsky [éd.], Christian Gaza in Late Antiquity, Leiden-Boston, 2004). Trois colloques sur l’état de la question ont également été organisés : le premier a été tenu à Poitiers (6-7 mai 2004), sous la direction de C. Saliou (Gaza dans l’Antiquité Tardive. Archéologie, Rhétorique, Histoire. Actes du colloque international de Poitiers (6-7 mai 2004), édités par C. Saliou, Salerno, 2005) ; un deuxième a été organisé par E. Amato, A. Corcella et D. Lauritzen à Paris, au Collège de France (23-25 mai 2013) ; le troisième a eu lieu à Nantes (6 juin 2014) sur l’initiative de E. Amato, M. Deroma et L. Thévenet (Discorso pubblico e declamazione scolastica a Gaza nella tarda antichità : Coricio di Gaza e la sua opera. Atti della giornata di studio, Nantes 6 giugno 2014, a cura di E. Amato, L. Thévenet, G. Ventrella, Bari, 2014). Récemment, la publication de l’œuvre complète de Procope de Gaza dans la « Collection des Université de France » ouvrit un vaste chantier d’investigations comprenant notamment l’édition française du corpus de Chorikios pour la même collection et soutenue par l’Institut Universitaire de France. Cette entreprise s’ajoute aux recherches en cours sur les différents aspects de l’École de Gaza et les divers auteurs qui l’animent, comme Jean, Énée, Timothée et les moines du désert dont le rôle n’est de loin pas négligeable.
Actuellement une équipe de recherche internationale, sous l’égide d’E. Amato (Université de Nantes et Institut Universitaire de France) et A. Corcella (Università della Basilicata), composée de membres, professeurs initiés et doctorants, partagent leur enthousiasme et leurs compétences spécifiques afin de combler les lacunes qui empêchent encore d’embrasser intégralement ce mouvement culturel. Parrainé par l’Institut Universitaire de France, l’Université de Nantes dont le Laboratoire EA 4276 L’antique le Moderne (L’AMo) et la Région des Pays de la Loire, le collectif s’attache notamment à faire connaître l’École de Gaza par la mise sur pied de colloques et de journées d’études et à faire connaître l’avancement de la question par le biais de publications d’articles et de recueils d’actes relayés et réunis sur un site internet spécialisé.
Le site internet « écoledegaza.fr » est le premier site officiel sur l’École de Gaza dans l’Antiquité Tardive. Soutenu par l’Institut Universitaire de France, conçu et administré par des membres de l’équipe de recherche, il se veut être un moyen de diffusion élargie, sans cesse actualisé, de l’état de la recherche : biographies, listes de manuscrits, prosopographie, bibliographies mises à jour et téléchargements de documents sont à disposition moyennant un code d’accès. Ce site a en outre la motivation de refléter les aspirations et la passion de l’équipe que vous pouvez découvrir sur la page membres. Ce site constitue également une plateforme dynamique d’échanges entre chercheurs de tous pays. Dans ce but, un formulaire de contact est mis à votre disposition pour nous faire part de vos expériences, recherches, découvertes et suggestions.
Enfin, l’École de Gaza est ouverte à tous : amateurs, passionnés de littérature, d’histoire et curieux, les administrateurs vous souhaitent une belle et enrichissante navigation !
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Mis à jour le 28 septembre 2026.